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L'Ouest selon Walsh

Vendredi 27 Mars 2009, 19:11 GMT+2Par PrincecranoirCet article a été lu 1694 fois
Raoul Walsh en trois films : victime du destin, la charge fantastique, l'esclave libre

Il se définissait comme un poète, ivrogne et bagarreur. Fils d'immigré irlandais en cavale, New-Yorkais pur souche, Raoul Walsh est né avec le cinéma et demeure encore aujourd'hui l'une des figures les plus mythiques du septième art, l'un des trois borgnes les plus célèbres du cinéma américain. Compagnon de beuverie du "baron" Flynn, de John Barrymore, de Gable, il leur aura tous survécu. Il cultivait son côté rugueux (jusqu'à devoir se cacher pour lire secrètement "le rouge et le noir" pendant le tournage de "Horatio Hornblower"), rappelant volontiers qu'il commença comme bouvier en se tannant le cuir sur une selle pour garder des troupeaux au Nouveau-Mexique. Il était également d'un naturel facétieux qui s'amusait à laisser glisser son œil de verre dans sa soupe pour effrayer les producteurs un peu trop envahissants. « Il faut se battre, c'est la vie, disait John Wayne dans la "Piste des géants, et quand on arrête de se battre, c'est la mort. » Walsh, qui eut son heure de gloire au temps glorieux du muet, avait donc tort de croire que les pionniers du Far-West à l'écran ne survivraient pas passé la frontière du cinéma parlant ; trop de contraintes techniques, pensait-il. Il fut d'ailleurs son propre contradicteur en portant à l'écran la première gigantesque fresque westernienne du cinéma sonore, "la piste des géants", une épopée héroïque transportant une colonie de chariots à travers le continent. Il invente pour l'occasion un autre géant de l'Ouest, un certain Marion Morrison qu'il transforme en John Wayne en référence à un prestigieux général de la Révolution Anthony Wayne. « Comme raconteur d’histoires, il ne s’intéresse qu’à des personnages hors du commun : bons ou mauvais, il faut qu’ils soient exceptionnels ou excessifs. » commentait Clint Eastwood dans « Feux croisés » (l’ouvrage sous la direction de Bill Krohn). Tavernier est pourtant le premier à clamer bien haut que Walsh n'est pas le meilleur réalisateur de western, car il préférait le plier à son tempérament romanesque débridé. Une assertion qui demande justification. La preuve par trois : une victime, une ganache, un ange.

 

On connaît sans doute plus John Wesley Hardin, célèbre bandit de l’Ouest et ancêtre putatif du chanteur Tim Hardin, par le biais de l’album éponyme de Bob Dylan que grâce au western de Raoul Walsh « victime du destin ». « The lawless breed » (c’est son titre original) est pourtant vendu dans la presse comme un classique du genre bien qu’à ma connaissance il ne figure dans aucune des anthologies les plus réputées. Walsh n’en fait même aucunement mention dans ses mémoires, certes beaucoup plus centrées sur la première moitié de sa vie que sur une fin de carrière beaucoup moins ambitieuse. C’est bien dans cette mouvance que se situe ce film porté par Rock Hudson pour la première fois en vedette d’un film important. L’acteur repéré par Walsh passe sous contrat de la société de production du réalisateur et signera pour lui, cette même année 53, trois films dont deux westerns (l’autre étant « Bataille sans merci »). Si « victime du destin » ne semble pas jouir du prestige de titres aussi glorieux que « the big trail », « Pursued » ou « the tall men », il n’en reste pas moins un western de qualité affichant sans honte son caractère walshien. Sur un script très librement inspiré des écrits autobiographiques de ce hors-la-loi notoire du Texas (le film n’est qu’un long flash-back narrant les mémoires du personnage), Walsh mène, comme à l’accoutumé, un récit enlevé parcouru de pulsations frénétiques dont l’efficacité le dispute à la concision. « On a l’impression que la caméra est placée de manière à ce que le trajet entre l’émotion recherchée et le spectateur soit le plus direct, le plus pur, le moins anecdotique » écrit Tavernier dans « 50 ans de cinéma américain ». Ce film en apporte plus d’une fois la preuve. Walsh pousse même une relative audace jusqu’à se permettre quelques prises de vue expérimentales comme ce travelling cahoteux (la caméra sans doute montée sur un vieux chariot) montrant Wes Hardin et son oncle devisant à cheval. De la même manière, il employait des zooms particulièrement brutaux dans « une corde pour te pendre » (revue n°20). L’autre originalité remarquable consiste à confier à l’excellent John McIntire un double rôle, celui du père du héros, pasteur protestant orthodoxe et celui de son oncle éleveur à l’esprit bien plus ouvert (une ressemblance dont la justification s’effondre pourtant dès lors que l’oncle prétend n’être que le demi-frère du père Hardin). Ceci dit l’intérêt du film ne se résume pas à ces deux simples détails somme toute assez anecdotiques mais tient plutôt à la façon dont Walsh va détourner la trajectoire sordide du bandit John W. Hardin. Considéré dans l’histoire populaire comme une des plus viles et redoutables gâchettes de l’Ouest, il devient sous les traits de Hudson un pauvre garçon aspirant à une bonne situation mais perturbé d’une part par l’éducation rigide et brutale prodiguée par son père et d’une autre par une irrésistible attirance pour les jeux de hasard. Cependant, la chance arrogante dont il fait preuve, qu’elle soit ou non provoquée, lui attirera les pires ennuis le conduisant à abattre des hommes en situation de légitime défense. Pris dans l’engrenage de la violence il n’aura de cesse de fuir d’un Etat à un autre, d’une autre identité à l’autre (un peu à la manière d’un Jesse James), avec l’espoir d’échapper à ce fatum qui pèse sur lui. Il peut compter alors sur le soutien d’une soupirante Rosie (jolie Julia Adams) qui deviendra sa légitime. S’il est montré parfois victime de ses passions (le jeu, la violence et les armes) ce seront surtout à ses adversaires que reviennent les plus noirs desseins, en particulier celui de la vengeance dont les frères Handley (avec parmi eux le profil félin de l’ineffable Lee van Cleef) constituent le bras armé. Rock Hudson, malgré son physique de gendre idéal ou de justicier monolithique et sans reproche trouve ici un rôle plus nuancé, marqué physiquement par la souffrance et surtout formidablement émouvant sur la fin lorsqu’il retrouve son fils après seize années passées derrière les barreaux d’une prison. Une belle manière d’arranger une vérité historique bien plus sombre, car Walsh, comme Ford, préfère imprimer (sur pellicule) la légende. « John Wesley Hardin était l’ami des pauvres, il voyageait un pistolet dans chaque main à travers le pays, entrant où bon lui semblait, mais jamais ne fit de tort à un honnête homme » prétend la chanson. Mais c’est comme pour le film, il est permis d’en douter.

 

Raoul Walsh se fait débaucher par la Warner pour chanter les frasques héroïques du fameux général George Armstrong Custer dans « la charge fantastique ». Il est assez surprenant de constater que l’un des plus beaux films, dont les qualités furent louées tant par la critique que par le public, soit constitué d’un tissu de mensonges travestissant la réalité des faits (comme dans le film évoqué ci-avant) au point de se teinter parfois même d’un contre-sens historique (le film faisant bien entendu l’impasse sur les terribles représailles de l’armée à Wounded Knee suite au fiasco de Little Big Horn). Il faut tout de même bien l’admettre, la figure équivoque du général martyr défait à Little Big Horn restera à tout jamais associée au très fringant Errol Flynn qui joue ici une des ses plus belles partitions, si ce n’est la plus emblématique. Si il ne fait aucun doute que c’est Jack Warner qui jugea opportun de remplacer Curtiz (décidément plus capable de tourner avec l’Australien) par Walsh pour diriger le mythique duo Flynn/De Havilland (sa souffre-douleur préférée), ce choix s’est rapidement avéré profitable puisqu’il inaugure une série de sept collaborations entre l’acteur et le réalisateur. Walsh avait sans doute reconnu dans ce diable de Tasmanie un descendant du rongeur bondissant qui lui emporta jadis l’œil droit, ainsi qu’un formidable vecteur d’énergie dont il emplit tous ses films. Il est également stupéfiant de voir à quel point la personnalité excentrique de Flynn, que « l’oncle » Walsh aimait comme son propre fils, transparaît dans ce portrait déformé de Custer. Ce dernier, dans le film, dès qu’il se voit promu par erreur général de brigade en pleine guerre de Sécession, commande à son tailleur une tenue chamarrée arborant « plus de dorures qu’un amiral français » selon les dires des officiers présents. Eh bien, comme le rappelle le metteur en scène dans ses mémoires, suite au succès du film, Flynn empocha un double salaire et s’en alla voir Walsh pour lui dire : « Tonton, je vais m’acheter le plus beau yacht qui ait jamais navigué sur le Pacifique. Quand nous aurons terminé notre prochain film, je t’emmènerai faire le tour du monde. » Voilà bien une attitude Don Quichottesque qui sied parfaitement au personnage de Custer qui fait irruption au début du film dans son uniforme de hussard napoléonien monté sur une vieille mule fatiguée. Voilà ce que montre d’emblée Walsh de la figure glorieuse de l’Amérique. Durant toute cette première partie narrant sa formation West Point sous la tutelle du général Sheridan, on assiste à une sémillante comédie tantôt burlesque, tantôt romantique dès lors qu’il fait la rencontre avec la mignonnette Libby incarnée par Olivia De Havilland. Les scènes dans la maison familiale des Bacon ne sont ni plus ni moins qu’un écho nordiste à « gone with the wind », les deux films partageant deux interprètes (De Havilland et Hattie McDaniel, la bonne noire) et le compositeur Max Steiner.  Walsh, bien que passionné par le goût de l’aventure et le défilement rectiligne du récit, ne néglige aucunement les scènes d’intimité du couple emblématique de la mythologie hollywoodienne injectant un peu d’humanité de tendresse aux deux personnages. En particulier à celui de Custer qui se trouve ici, à des lustres de l’ignoble massacreur d’indiens taillé à coup de sabre par Arthur Penn dans « Little Big Man ». Les deux films ne se font évidemment pas le miroir d’une même époque bien qu’elles aient en commun un contexte de guerre. Le bourbier vietnamien incite la jeunesse américaine contestataire à brûler ses idoles, tandis qu’en 1941, quand sort « they died with their boots on », c’est l’Europe qui brûle sous les bombes d’Hitler et les Etats-Unis sont à quinze jours de Pearl Harbor. Il va sans dire qu’un film de la Warner à cette époque, produit qui plus est par le très engagé Hal Wallis, est pétri d’un sous-texte politique parsemé de détails révélateurs. Certains traîtres sont directement issus de l’armée du Nord comme le détestable major Romulus Taipe dont le prénom ne nécessite aucun commentaire. Le film rappelle également comment l’armée fut écrasée dans la ville au nom on ne peut plus éloquent de Bismarck. L’art de détourner une histoire se concluant par une défaite militaire et la mort de son principal héros en épopée à la gloire du drapeau et des valeurs morales (fidélité, honneur et loyauté) qu’il représente. Non en stigmatisant l’ennemi qui s’amasse face aux cavaliers de l’armée américaine car Walsh tient à montrer à l’écran tout le respect qu’il porte aux Indiens (« les seuls vrais Américains sont derrière les collines avec des plumes sur la tête » dit judicieusement le fidèle officier anglais sous les ordres de Custer). Ni en malmenant l’esprit d’Union en prenant, au contraire, bien soin de montrer avec respect les séditieux sudistes quittant West Point renvoyant l’origine de la discorde à de basses querelles politiciennes. Car c’est bien là que se cache le vrai poison de l’Amérique, dans les alcôves protégées de quelques perfides cancrelats de la politique, spéculateurs parasites et autres financiers véreux dont le chef de file est ici campé avec une admirable couardise par l’excellent Arthur Kennedy. L’ennemi c’est donc Sharp et ses sbires amoureux de l’argent. Walsh invente à ce titre le duel au Bourbon, les deux hommes filmés de profil de part et d’autre du comptoir. Connaissant déjà l’accoutumance du général avec l’alcool, on sait bien lequel des deux roulera le premier sous la table. La nécessité morale fera donc d’eux les victimes de ce vice qui les conduit vers le champ de bataille final. Le moment de bravoure que le spectateur attend depuis bientôt deux heures vient combler cette attente avec bonheur. S’inspirant notamment de l’iconographie du XIXème (en particulier le tableau de Otto Becker « Custer’s last fight », voir ci-dessous), Walsh dirige ses séquences « au son du canon », composant un tableau magistral de la bataille en de gigantesques panoramiques aériens de plusieurs centaines de cavaliers. Il se retranche ensuite dans un îlot au corps à corps submergeant, qui sera gravé dans les mémoires au point de le revoir dans des productions aussi récentes que le « Retour du Roi » de Peter Jackson. Conquis sans doute par la vigueur des combats, les censeurs ont visiblement fait l’impasse sur quelques entorses au code Hays commises sans doute volontairement par Walsh. On voit ainsi des plans répétés en contre-plongée, un soldat se faire occire par un indien avant que ce dernier ne succombe d’une balle de fusil ou de revolver. Flynn/Custer sera bien sûr le dernier vent debout, droit dans ses bottes et sabre au clair près du drapeau du 7ème avant d’être emporté par une dernière charge de Crazy Horse sur l’hymne de « Garryowen ». Sous ses dehors hagiographiques, le film de Walsh n’est pas exempt d’une certaine charge critique (John Ford reprendra cet angle après-guerre dans une relecture magnifiquement détournée intitulée « Fort Apache »), envers l’institution plus qu’envers le personnage qui rejoint finalement la liste des marginaux excentriques qu’affectionnait tant le metteur en scène. Une question demeure. « La charge fantastique » est-il vraiment un western ou bien lorgne-t-il davantage sur le film de guerre ou l’épopée lointainement historique ? Si la réponse n’est pas tranchée, une chose est certaine : Raoul Walsh a indéniablement le don de nous entraîner dans sa charge, qu’elle nous mène « vers la gloire ou vers l’enfer », comme dirait Custer « ça dépend du point de vue ».

 

Max Steiner ressort ses partitions pour champs de coton afin d’habiller le romanesque « esclave libre » de Raoul Walsh. Derrière ce titre en oxymore se cache une peinture du vieux Sud d’avant la guerre de Sécession et surtout opère un retour sur la question délicate de la cohabitation des noirs et des blancs dans le pays qui se dit être celui de la Liberté. Engageant une dernière fois son copain de comptoir Clark Gable, donnant au film de faux airs de « Gone with the wind » (mais Lourcelles rappelle bien qu’il y a « un abîme entre le roman de Margaret Mitchell  et celui de Robert P. Warren, un écrivain que beaucoup n’hésitent pas à comparer à Faulkner »), Walsh s’atèle à la question de la discrimination raciale, problème encore brûlant à l’époque où a été tourné le film. « Si nous pouvions vivre encore cent ans nous verrions peut-être une justice des blancs envers les Noirs » dit Hamish Bond dans le film. Il était encore bien loin de la vérité puisqu’au moment où se fait le film, l’Amérique sort à peine de l’affaire Rosa Parks, le nom du pasteur Luther King n’a pas encore atteint toutes les oreilles et il faudra attendre encore cinquante-deux ans avant de voir un président Noir arpenter les allées de la Maison Blanche. Walsh engage pour l’occasion, une dernière fois, son frère de whisky Clark Gable, un peu décati cependant et bien loin d’afficher la superbe de son célébrissime succès d’avant-guerre. S’il est l’incontestable vedette de l’affiche (même s’il apparaît un peu fatigué), c’est à la plantureuse Yvonne de Carlo que revient le rôle pivot du film. Fille d’un planteur généreux et paternaliste envers ses sujets, elle découvre à sa mort être de sang mêlé, puis est vendue à ce titre comme esclave. La jeune fille raffinée élevée dans les écoles du Nord devient dès lors une marchandise qui sera pourtant rapidement récupérée par un richissime dandy de la Nouvelle Orléans joué par Gable. Ce métissage lui vaudra de n’être acceptée ni par la société blanche dans laquelle elle a été élevée et a fondé toutes ses valeurs (elle fait d’ailleurs preuve d’une certaine condescendance envers les Noirs), ni par certains esclaves dont elle s’attire les foudres. Cette marginalité par hérédité rejoint celle de Hamish Bond son bienfaiteur, qui ne s’attire pas la sympathie de ses voisins planteurs par ses manières ostensiblement philanthropiques. Tous deux se rejoignent donc dans un bonheur romantique même si, Walsh encore très vert malgré ses 65 printemps, sans doute emporté par la fougue de son récit, fait un peu vite traverser Amantha le ponton qui la sépare des bras de monsieur Bond. Ce dernier, sous ses dehors charitables, dissimule un passé tumultueux et bien peu reluisant qui remonte allégoriquement à la surface lorsque vient lui rendre visite un vieux loup de mer irlandais navigant sur un bateau nommé l’Argosy (c’est aussi le nom de la société de production fondée par John Ford avec Merian C. Cooper). Autour de ces deux êtres hors-normes, le monde s’agite, l’Histoire s’abat sur la plantation de La Pointe du Loup comme un ouragan sur une quiétude bien éphémère. C’est un certain général yankee nommé Butler (sic) qui voudra à tout prix mettre la main sur le riche propriétaire sudiste Hamish Bond. Si l’on s’en tient à la position de Walsh dans « band of angels », ce sont avant tout ces deux individus, grâce à cette propension à l’empathie (de par leurs origines), qui sont identifiés quasiment comme les seuls personnages positifs du film (la fameuse « question de point de vue » selon Custer, voir plus haut). Les autres, qu’ils soient du Nord comme le prêcheur puritain Seth Parton (qui n’est pas sans rappeler l’extrémiste illuminé John Brown) épris de la jeune héroïne, ou du Sud comme le cuistre voisin français De Marigny, se contentent de l’optique bornée d’une société aux règles archaïques. Même le farouche Rau-Ru (excellent Sidney Poitier), l’esclave plus ou moins adopté par Bond, est marqué négativement à cause de cette haine du blanc qui le ronge et qui en fait un vengeur habité de ténèbres (la formidable scène ou il disparaît derrière la lueur vive d’un chandelier). Il incarne en même temps avec une intense légitimité le fait qu’il ne peut exister d’esclave libre mais seulement un sentiment illusoire de liberté qui n’a pour seul objet que d’apaiser la conscience de l’esclavagiste. Une fois encore, on peut regretter que Walsh lui fasse un peu vite retourner sa veste bleu yankee doublée de gris dixie afin de lui procurer une touche finale de sympathie. A l’instar de ce curieux Hamish Bond, c’est finalement un grand retour en arrière cinématographique qu’opère Walsh avec ce film, lui qui débuta comme acteur dans une oeuvre unanimement rangée parmi les pierres  fondatrices du septième art mais aussi des plus ouvertement racistes. Dans « Naissance d’une Nation » Griffith montrait les Etats-Unis en proie à l’anarchie, livrés à de simiesques esclaves noirs affranchis par les autorités du Nord puis sauvés par l’intervention providentielle des cagoules blanches du Klu Klux Klan. Dans « l’esclave libre » il change ce point de vue et tente de réconcilier les êtres sans rejeter la faute ni sur les uns, ni sur les autres. Jacques Lourcelles a donc foncièrement raison de penser que « band of angels » est « indispensable à la connaissance de l’univers intime du cinéaste ». Il s’agit ni plus ni moins que sa contribution au regard porté par le cinéma sur une période charnière de la fondation de son pays. 

 

 

Il en connaissait un rayon Raoul Walsh sur la mythologie de l’Ouest. Quand il raconte sa première rencontre avec Sol Wurtzel, chargé de production pour la Fox dans les années 20, c’est en ces termes :

« Je ne sais pas grand chose sur les rues de western, lui dit Wurtzel. J’en construirai si vous me donnez les directives.

-          Un saloon – la Pépite d’Or ou La dernière Chance. De l’autre côté de la rue, le bureau du sheriff, à côté des bureaux de la Wells Fargo. Il vous faut aussi une banque, un bureau de poste, une prison, une entreprise de pompes funèbres, une enseigne de médecin et une boutique de barbier. Pour finir ajoutez quelques devantures de saloons de chaque côté de la rue, un grand bordel à une extrémité et une petite église en construction à l’autre bout.

-          Pourquoi un bordel ?

-          Que pensez-vous que font les cow-boys quand ils descendent en ville ? qu’ils passent leur temps à boire du mauvais whisky et à essayer de descendre le barman ? (…)

-          Et pourquoi une église en construction ?

-          C’est simple. Ces villes se construisaient au fur et à mesure et les gens partaient du principe qu’il faut d’abord pécher avant d’être pardonné. Le prêtre était donc en général le dernier à débarquer. »

On connaît bien sûr la prédilection de John Ford (qui aurait sans doute aussi bien décrit une ville de l’Ouest) et de Raoul Walsh pour le western sans pour autant toujours mesurer ce qui les sépare. Tous deux issus du giron de D. W. Griffith, on sait pourtant que Ford admirait ouvertement Walsh même si ce dernier fut « l’assassin » de son cher Lincoln dans « Naissance d’une Nation ». Bertrand Tavernier s’essaie à la comparaison des deux dans « Amis Américains » en avançant que « Walsh va d’emblée à l’essentiel, au détail frappant, (…) tandis que Ford s’attarde et chemine, peintre d’atmosphère plutôt que stratège et théoricien. » Si l’efficacité militaire semble être l’apanage de Raoul, il n’en est pas moins l’architecte de la mythologie du western, puisqu’il conclut sa carrière par un fleuron du genre « la charge de la huitième brigade » (voir revue n°11). C’est bien connu, au royaume de la poussière, les borgnes sont rois.

 

 

 

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Moi j'aime bien l'Ouest!... C quoi un rétrolien, bordel!

Vendredi 27 Mars 2009, 20:58 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

"Et ta soeur " a besoin d'un dictionnaire. Se référer à la définition sur Wikipédia.

Samedi 28 Mars 2009, 14:56 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

Salut mon prince et bonjour aux camarades du blog.
C"est une revue trés fouillée sur un échantillon du cinéma de Monsieur W.C'est aussi une invitation à visionner des films comme "La charge fantastique",trop lontemps délaissés ds ma dvdthéque ou encore un autre opus déjà chroniqué ds la revue n° 25 :"La riviére d'argent".
Prince, je ne sais pas si tu souscris à cette analyse mais le point de vue est intéressant. Thierry Jousse écrivait ds les Cahiers du cinéma :"Walsh est avant tout un cinéaste du plan, tandis que Hawks serait plutôt un cinéaste de la scéne, qui se déploie chez lui davantage par la parole que par l'action pure.Un plan de Walsh vaut moins par sa richesse stylistique et thématique que par sa puissance d'apparition et d'expression."

Samedi 28 Mars 2009, 17:27 GMT+2 | Retour au début

C'est très juste. Walsh est avant tout un cinéaste visuel, qui transmet dans ses cadrages et dans son montage une énergie débordante. "La Charge fantastique" en est un exemple criant.

Tu y trouveras notamment ce plan mythique où on voit Custer stopper son cheval en pleine course, faisant une glissade mémorable sur les sabots postérieurs. Pas un poil de numérique et une puissance incroyable.

Samedi 28 Mars 2009, 17:36 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

R.Depardon nous livre un film documentaire magnifique ,délicat, et d'une grande dignité sur la paysannerie des Cévennes.
"La vie moderne" est un titre en forme de paradoxe car le réalisateur nous plonge dans un univers austére ou l'activité de ces hommes de la terre est laborieuse et en voie d'extinction.
En effet, la vie moderne de notre société ne semble pas avoir atteind ces contrées isolées.Le temps y est arrêté et ces familles de paysans d'une autre époque restent debout malgré l'adversité, la dureté de leur tâche et le départ des enfants qui ne rependront jamais la suite.
Depardon va à la rencontre des vieilles et des jeunes générations d'agriculteurs. Le constat est le même: il est de plus en plus difficile de vivre de son activité et comme le dit l'un des fréres privat:" il faut de la passion pour ce métier".
Le réalisateur campe sa caméra avec simplicité au coeur de plusieurs familles et il en disséque les préoccupations, les silences, parfois les conflits ,les frustrations,les non-dits.
Il n'y aucun voyeurisme, ni misérabilisme mais une approche respectueuse et attentive.Ces portraits d'hommes et de femmes prennent la forme de gros plans sur des visages marqués, burinés ,expressifs. Economie de mots et silences rythment les échanges et les questions de Depardon.La magie opére car les silences sont parlants et libérent de multiples émotions et sentiments.
Depardon disait :"Ce qui m'interesse, c'est de montrer la douleur quotidienne."Il s'y emploie avec dignité ,considération et bienveillance.

Samedi 28 Mars 2009, 20:10 GMT+2 | Retour au début

C'est un peu l'Ouest selon Depardon. photographe de renom, il se fait peintre de paysage. Il y montre semble-t-il l'attachement à la terre, acquise de haute lutte il y a plusieurs générations et que les derniers ayants droits ont depuis longtemps désertée. Le paysage c'est aussi ces visages crevassés de ces derniers apaches des Cévènes en voie d'extinction. Une fin d'époque en attendant une nouvelle aube.

On dirait presque que je l'ai vu dis-donc.

Samedi 28 Mars 2009, 20:21 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

L'esprit du prince nous accompagnait l'autre soir au cinéma.Je me disais bien avoir perçu ta presence.

Samedi 28 Mars 2009, 21:00 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

J'ai enfin visionné "La charge fantastique" de Walsh et je partage complétement ton enthousiasme sur ce petit bijou du cinéma.
Comme tu as pu le souligner ds ta critique,le film s'inscrit ds la drolerie et le burlesque ds la premiére partie pour verser ensuite dans le tragique.
Walsh force le respect par la qualité de sa mise en scéne et le rythme qu'il insuffle en fonction des charges héroiques de la cavalerie.C'est- une oeuvre épique et enlevée qui ne faiblit jamais.
J'irai jusqu'a dire que son film est humaniste.Il s'engage sur la voie du respect de la place de chacun ds la société ,sur l'honneur de la parole donnée etc...Il dénonce l'arbitraire, la basse politique, et la dictature de l'argent etc....
D'ailleurs, ds une interview ,Walsh disait:"la plupart des westerns donnaient de l'indien l'image d'un sauvage peinturluré et méchant. Dans la charge fantastique, je m'efforçai de le montrer comme un individu qui n'attaquait que lorsque ses droits définis par un traité étaient violés par les blancs."
Même mystifié, Flynn donne à son personnage un caractére attachant,drole mais aussi qui defend un idéal.Flynn est à la fois impétieux, naif ,cocasse,tourmenté,grave .Un ensemble de qualificatif qui fait l'archétype du héros.L'acteur est en effet formidable de spontaneité et de fougue montrant son sens de l'engagement et de l'honneur..Son couple avec Havilland fonctionne à merveille. La scéne finale des adieux est extraordinaire et ds un traveling arriére,la femme du colonel s'effrondre, sachant que le départ de son mari est sans retour.Formidable.
La séquence de la bataille de little big horn est une leçon de cinéma.Je me suis pris une sacré charge émotionnelle.Comme l'écrivait lourcelles ds son dictionnaire du cinéma:"La charge finale ou triomphe le style unique de walsh,alliant comme personne n'a su le faire l'ampleur de la trépidation , la frénésie des plans rapprochés à la sérénité grandiose des plans d'ensemble, véritable tableaux égaux en génie à la plus belle peinture américaine."

Dimanche 29 Mars 2009, 12:29 GMT+2 | Retour au début

ça n'a rien à voir avec ton article mais je viens de m'inscrire à al newsletter de ton blog.
Tu peux en faire de même sur le mien si tu le désires.

Mercredi 1 Avril 2009, 12:23 GMT+2 | Retour au début

C'est une bonne idée. Et j'invite tous mes lecteurs à faire comme toi.

Mercredi 1 Avril 2009, 15:57 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

Chaque nouvelle vision du film de Melville :"L'armée des ombres", est un pur ravissement.Ce métrage reste une oeuvre majeure et forte du réalisateur sur la résistance durant l'occupation Allemande sur la période 1942-1943. L'univers de cet opus est grave et sombre ,l'ensemble est soutenue par une musique superbe et une couleur délavée ,détrempée comme aprés un pluie forte. Les dialogues sont extrémement calibrés et dépourvus d'artifice et de superflu.
La prestation des acteurs est impressionnante, tout comme l'affiche qui réunit Signoret (mathilde ,femme capable de servir comme de commander: dialogue du film.),Ventura, boulversant de détermination pour l'engagement resistant, obligé de se protéger de tout affect pour la bonne conduite de la cause et l'intérêt commun. Meurisse , en grand patron du réseau, s'habille avec le voile de la sagesse, de l'expérience, camouflé ds l'ombre d'un bourgois lettré .Paul Crauchet dit "felix", Christian Barbier dit "le bison" et J.P Cassel complétent cette palette d'hommes et de femme oeuvrant pour la liberté.
La resistance oblige à la clandestinité , l' extrême prudence, l'isolement et l'abnégation de son passé, de son identité véritable pour la survie du réseau. Mais ces hommes de l'ombre sont unis par l'objectif commun,la solidarité, le courage et la dignité. Ils sont aussi faillibles et vulnérables.
La réalisation de Melville est d'une redoutable sobriété et simplicité.Sa mise en scéne est millimétrée et chaque plan donne du sens à l'action et crée une atmosphére tendue, intense, et tragique.
Melville s'est également inspiré de son vécu de résistant pour faire ce film. c'est aussi la mémoire d'un engagement.Cette citation de l'auteur ne fait pas l'ombre d'un doute:" Mauvais souvenirs! Soyez pourtant les bienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine."

Vendredi 3 Avril 2009, 10:47 GMT+2 | Retour au début

"L'armée des ombres" est incontestablement une pièce magistrale dans l'oeuvre de Melville. C'est aussi la deuxième incursion de Melville dans l'univers oppressant de l'occupation à l'écran. Son premier film "le silence de la mer" adapté d'un autre résistant, Vercors, est une autre puissante invitation à la résistance.

Vendredi 3 Avril 2009, 14:53 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

La piste des géants de R.WALSH est incontestablement un monument du cinéma. C'est une page de la conquête de l'ouest ou les colons et leurs familles partent pour s'implanter sur leur terre promise.Ce convoi exceptionnel est composé de fermiers, de citadins, de trappeurs, et de canailles peu recommandables.
A sa tête, le patibulaire red Flack et ses deux compères qui vont se confronter au charismatique Breck Coleman , l'éclaireur de la troupe et ami des indiens (campé par J.Wayne ds son premier grand rôle).
Le métrage de walsh est composé en séquences qui constituent les différentes étapes du voyage avec une longue scéne d'introduction des personnages principaux.
En effet, il y a la traversée dangereuse de la riviére déchainée , la chasse aux bisons, la rencontre avec les indiens et leur attaque , la traversée du désert , les intempéries etc...
Le réalisateur montre le cheminement difficile de toute une population inexpérimentée. Celle-ci est en quête d'une terre d'adoption. Ces pionniers vont devoir lutter contre le climat, les éléments, le reliéf, les hommes aussi pour atteindre leur but. Le courage, la détermination, la volonté sont sans cesse valorisées malgré l'adversité de l'environnement et la fourberie de certains hommes tout au long du film.Des épreuves imposées ou nécessaires pour flouer une terre synonyme d'espoir et de renouveau. D'ailleurs Lourcelles dans son analyse du film dira:" On observe que le cinéaste ne cherche jamais à magnifier les personnages contre la nature ou par opposition à elle. Au plus fort de leur lutte ils sont comme amalgamés à elle dans un tout indissociable".En outre la scéne finale qui voit se retrouver J.wayne et M.Churchill sous l'immensité d'arbres centenaires n'est-elle pas une bénédiction de la nature face cette union? Harmonie de l'homme avec la nature et qui sait composer avec elle.
Un aspect également interessant de cet opus est la dimension collective de l'aventure.En effet, tout ce groupe d'individus réunissant fermiers,femmes, enfants, escrocs, animaux sont dans le même chariot pour affronter les difficultés d'un tel voyage.La mort et l'abattement côtoient l'espoir. Finalement l'instinct de vie est le plus fort à l'image des naissances aussi bien chez les hommes que chez les animaux( petites scénettes incorporées aux mésaventures des pionniers).Ce cheminement est fédérateur; Hommes et femmes sont au même niveau:on voit en effet la femme fumer la pipe, tirer au fusil ou encore manier la pioche.
Walsh injecte aussi dans son flm beaucoup de drôlerie et d'humour à l'image de Gus, un fermier qui est sous le joug d'une belle mére envahissante.Ce petit homme est en difficulté pour faire avancer sa mule ds le sens du départ et celle-ci tourne en rond.Elle n'a certainement pas le même gout de l'aventure. Bien d'autres scénes sont truculentes et bien inspirées. Cela donne à l'oeuvre de Walsh de la légereté introduite par le comique de situation ou des dialogues.
La dimension du personnage principal joué par J.Wayne est également interessante et riche. Il éclaire par son expérience cette piste des géants semée d'embûches.Il est le trait d'union entre le groupe de pionniers et les indiens dont les terres sont traversées par le convoi. Il incarne l'adaptation, l'ouverture et le respect comme stratégie d'approche et de négociation avec les peuplades indiennes.
D'ailleurs, lorsque des enfants interrogent Coleman sur la dangerosité des indiens et si celui-ci en a déjà tué, il répond qu'il a tout appris d'eux.
Le film de Walsh est du grand art. La mise en scéne est sublime (La descente des chariots de la falaise est une scéne impressionnante ).Le réalisateur nous invite à la contemplation avec ses plans larges et profonds des paysages (véritables peintures), tout en rythmant son métrage d'action et de scénes sur le cheminement difficiles des pionniers. Le tout procure une fluidité d'ensemble parfaite de cette aventure palpitante.

Mercredi 27 Janvier 2010, 11:05 GMT+2 | Retour au début

"La piste des Géants" participe de ces grandes fresques sur la fondation du pays, oeuvres destinées à magnifier le pays sur son territoire et à l'étranger (le film fut tourné en plusieurs langues comme d'autres grands films au début du parlant). On y voit, à la manière du "cheval de fer" de Ford (revue n°98) ou de "la ruée vers l'ouest" de Wesley Ruggles de véritable villes en déplacement, avec une population bigarrée et socialement disparate. Toujours le récit s'arrête sur quelques individus dans la foule. Car à toute épopée il faut son héros, Marion Morrison sera celui-là, devenant par cet exploit, le Duke de l'Ouest. Une manière de rappeler que John Wayne est une création de Walsh, avant que Ford ne se charge ensuite d'imprimer son nom dans la légende.

Mercredi 27 Janvier 2010, 14:18 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

Salut mon prince et aux camarades.
J'ai enfin regarder l'opus de Walsh "Victime du destin". C'est un western qui tient la route. Il est de facture classique et en tout cas, il a retenu mon attention.Le couple hudson/adams fonctionne bien et sait dégager une véritable émotion. Certaines critiques estiment qu'il manque de rythme et d'humour, aussi concernant le premier aspect, l'histoire est soutenue et au sujet du second, il en manque certainement, mais on peut réaliser un western qui en est dépourvu,sans qu'il soit mineur.Il y a un pincée par contre de cynisme avec l'intervention fugace du croc-mort qui attends que les hommes s'entretuent pour faire son beurre (un peu à l'image du croc mort de la bd lucky luke). Bref on ne s'ennuie pas durant ce métrage dont la couleur est d'ailleurs superbe.

Lundi 24 Mai 2010, 16:55 GMT+2 | Retour au début

Mc Intire, Rock Hudson, Lee Van Cleef, Raoul Walsh : la recette parfaite pour un grand moment de western. Et tant pis pour ceux qui font la fine bouche !

Lundi 24 Mai 2010, 18:37 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

tout à fait d'accord avec toi. C'est un bon cru.

Lundi 24 Mai 2010, 19:38 GMT+2 | Retour au début

vincimus dit

C'est un film d'autant plus intéressant qu'il offre une réflexion sur la violence et ses conséquences; L'objectif de la caméra de walsh est également pointé sur les rapports pére/fils, l'éducation virile et rigide, faite également de violences au nom du dogme religieux. Je trouve la prestation de hudson assez réussi ds son rôle.

Lundi 24 Mai 2010, 20:05 GMT+2 | Retour au début

Hudson, qu'on connaît surtout pour ses mélodrames (Sirk), est une masse incarnant la puissance virile (alors qu'il était comme Cary Grant, de la jaquette). On le voit à la fin se fissurer sous l'objectif de Walsh.

Lundi 24 Mai 2010, 20:19 GMT+2 | Retour au début